ça ne suit pas non plus directement le passage d'avant, car je dois normalement mettre une engueulade entre Suz et le chef du service, histoire de mettre un peu de piment, mais d'abord, retour aux médecins qui vont s'occuper d'une jeune :
L'adolescent en question avait eu de soudaines douleurs au ventre pendant les cours, son père l'avait donc emmené d'urgence à Mount Sinaï par précaution, même s'il ne lui avait pas donné de médicaments anti-douleurs. Suzanna était accompagnée de Jeane, et cette dernière commença à palper le ventre du jeune patient de dix-sept ans, tout en lui demandant de lui indiquer où la douleur était la plus forte. Elle posa donc ses mains l'une sur l'autre, et début son travail :
- Tes douleurs sont-elles fréquentes ? demanda Jeane.
- Ca m'arrive de temps en temps, mais elles n'ont jamais été aussi fortes, répondit-il. Je me suis déjà fait opérer de l'appendicite quand j'avais neuf ans.
- Et qu'est-ce que tu ressens plus exactement ? poursuivit Suzanna.
- Je ne sais pas comment l'expliquer, c'est comme si j'avais les muscles en chiffon, la douleur va et vient, comme si elle se déplaçait sans arrêt, de plus, ça se bloque, ce qui me fait tordre de douleur.
- Des crampes ?
Jeane hocha de la tête. Le jeune homme laissa échapper un « Bon Dieu ! » lorsqu'elle toucha un point sensible, puis à un autre, il confirma d'un hochement de tête, tout en gardant ses remarques pour lui :
- Et là, tu as mal ? reprit Jeane.
Il cria une nouvelle fois. Pour les deux médecins présents sur place, c'était sûr, même s'il était atteint de colopathie fonctionnelle, il exagérait un tout petit peu. On avait l'impression que tous les patients masculins de l'hôpital, étaient, en quelque sorte, des pignous...
- Parfait, dit Suzanna, tu vas avoir droit à une bonne piqûre de calmants, à une nuit d'examen, et peut-être à une fibroscopie.
L'adolescent, s'il le pouvait, se serait caché sous ses draps tellement il était effrayé :
- La piqûre, c'est obligé ? demanda-t-il anxieux.
- Mais non, soupira Jeane en prenant une ordonnance.
Elle s'assit sur une chaise et commença à noter. Suzanna continua :
- Vous savez qu'une colopathie fonctionnelle est un trouble du transit intestinal. Ca survient sous forme de crampes, comme vous avez. La cause chez toi peut être le stress, mais pourquoi serais-tu stressé ?
- Les examens, c'est terrible, j'attends les résultats avec impatience, et je crains le pire. En fait, je crains et je ne crains pas à la fois, vous croyez...
- Justement, vous êtes stressé. Et...pour combler ce stress, certaines personnes se « noient », en quelque sorte, dans le café ou les boissons gazeuses. As-tu une consommation excessive de sodas ?
Le jeune homme fit oui de la tête, un peu gêné. Sa mère lui avait bien dit cinquante fois de ne pas se gaver de sodas lorsqu'il en buvait à la maison, ou avec ses amis, mais depuis les examens, c'était bien pire, c'était devenu une thérapie :
- Avant, j'avais des remontés d'acide, la gorge me brûlait, c'était dégoûtant. Et maintenant, j'ai une colo quelque chose ? s'expliqua-t-il.
- Colopathie spasmodique plus exactement, corrigea Suzanna. Ok, ça devrait aller, ma collègue te fait une ordonnance.
Jeane la lui donna et indiqua qu'il devait l'échanger contre les médicaments requis à l'accueil. Avant le départ et les quelques poignées de mains, Suzanna conseilla :
- En plus de l'antispasmodique, on t'a mis de l'anxiolytique au cas où. Ca marche bien. Et surtout, mange équilibré et évite les boissons gazeuses.
Le garçon, après plusieurs « merci » et « au revoir », quitta le cabinet en direction de l'accueil.
PS : moi-même, j'ai été victime de colites car je buvais beaucoup de sodas, sauf que j'ai pas été à l'hôpital pour ça, mais j'avais des brûlures d'estomac et des remontés d'acides