un new passage

voici un nouveau passage, qui ne suit pas directement l'article d'avant, bah non, parce que faut que je fasse des modif etc etc, le voici :

Elle quitta le bureau aux étages et descendit rapidement au rez-de-chaussée pour continuer de s'occuper de patients. Elle fit bien car une troupe d'ambulanciers arrivèrent en vitesse, poussant un homme allongé sur une civière. Il était perfusé, son pantalon était déchiré et on pouvait voir une longue auréole bleue indiquant que la victime avait une vilaine fracture :
- Que se passe-t-il ? demanda la jeune femme.
- Accident de la route. Fracture à la jambe, commotion cérébrale...il est possible qu'il fasse une hémorragie interne, répondit Bryce qui aidait la troupe d'ambulanciers.
Ils se dirigèrent dans une salle spécialisée et mirent le patient immédiatement sur une table. Là, on mit la victime sous perfusion et on l'intuba à cause de problème respiratoire :
- Il perd beaucoup de sang, dit Bryce.
- Il faut s'occuper de l'hémorragie, dit Suzanna.
Deux autres médecins firent éruption, Anna et le chef du service, le docteur Jeffrey Carlson :
- Laissez-nous avec lui, ordonna Jeffrey à Suzanna. Il vaut mieux deux médecins plus que compétents pour s'occuper de lui
Suzanna ne voyait pas où il voulait en venir. Est-ce que ça voulait dire qu'elle n'était pas compétente du tout ? :
- Pas dans ce domaine là, on est tous spécialisé dans quelque chose, vous en l'occurrence, ce n'est pas ça, donc laissez-nous donc, on saura s'en charger, expliqua Jeffrey.
- Eh ! Jamais quelqu'un ne m'a dit ce que je devais faire et ne pas faire, ce patient sera au bout du rouleau si on ne lui fait pas les soins requis.
- Je suis votre supérieur alors faîtes ce que je vous ai dit tout de suite.
Bryce, tout en pressant le ballon, lui fit un signe de tête, afin de lui dire que ça irait et qu'elle ferait mieux de partir. Anna, quant à elle, ne disait rien, même si elle était médecin en chef. Suzanna n'avait pas d'autre choix que de partir :
- Appelez donc sa famille si vous ne savez pas quoi faire, fit Jeffrey.
Après avoir obéit aux ordres, elle observa l'opération derrière la vitre du bloc. On injecte de la Lidocaïne par intraveineuse, on continue de presser le ballon, on ouvre le ventre du patient pour arrêter l'hémorragie interne, la veine cave se déchire, beaucoup de sang s'écoule, les médecins paniquent. Jeffrey arrête le saignement, les mains pleines de sang, Bryce entend l'électrocardiographe qui s'emballe, Anna sort le défibrillateur, charge à trois cent soixante, met les palets sur le corps de l'homme ; le corps se soulève et retombe, sans changements. Suzanna était bouleversée. Non seulement, elle n'aurait pas agi ainsi, mais aussi Jeffrey avait perdu du temps en lui ordonnant de quitter le bloc. Ce serait de sa faute si la victime mourait aujourd'hui. Alors que Sean lui demanda de signer un document, elle entendit la voix de Jeffrey annoncer l'heure du décès. Elle se prit la tête dans les mains :
- Ca va, Suzanna ? demanda Sean.
- Non, pas du tout.
Elle voulut entrer dans le bloc, toutefois elle vit au loin la famille de l'homme, sa femme et sa fille, qui attendait non loin d'ici, assis sur les chaises. Jeffrey fut plus rapide qu'elle, il lui ordonna de leur annoncer le décès :
- Quoi ? Et en plus c'est moi qui me charge du sale boulot ! s'exclama-t-elle.
Il ne l'écouta même pas et marcha d'un pas rapide vers l'accueil :
- Je suis désolée, Suzanna, dit Anna derrière elle.
Elle avait vraiment une tête désolée, mais pourquoi n'avait-elle pas insisté ? :
- Je ne peux rien contre lui, c'est le médecin le plus haut dans la hiérarchie ! argumenta-t-elle.
- Je sais bien, mais de quel droit il se permet de dire ça et de m'empêcher de faire mon boulot, ce n'est pas comme si j'étais sur deux patients à la fois !
- Je sais ce que tu ressens, je suis passée par là moi aussi quand j'étais plus jeune, mais tu dois te plier aux ordres.
- Tu parles, il me traite comme une bonne à rien, bon sang, je n'ai jamais laissé crever mes patients comme il vient de le faire !
Anna haussa les épaules et s'éclipsa à son tour. Bryce remplissait les papiers de décès et il lui indiqua que sa mort était du à une trop grosse perte de sang.
Suzanna se dirigea vers la femme et la fille de la victime. Elle détestait annoncer la mort d'une personne. La femme fit un bon dès qu'elle la vit et s'écria :
- Comment va mon mari ?
- Madame, je suis vraiment désolée, mais il...il n'a pas survécu à ses blessures.
La dame fondit en larmes avec sa fille :
- Pourquoi ? reprit la femme, les larmes coulant le long de ses joues.
- Il a perdu beaucoup trop de sang...la veine cave s'est déchirée, je suis désolée.
Les deux proches se dirigèrent vers le bloc tout en pleurant...
Suzanna savait qu'on ne pouvait pas sauver tout tous les patients, que le monde n'était pas parfait, loin de là, elle-même ne l'était même pas, mais parfois, même si le cas était désespéré, il fallait lutter jusqu'au bout. Elle savait ce que cela signifiait maintenant.
Cela ne l'empêchait pas d'être furieuse après le chef du service


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# Posté le samedi 01 septembre 2007 07:29

la suite de nouveau ! ! ! !

Lorsque le temps à l'extérieur fut plus menaçant que jamais, les hôtesses ne perdirent pas de temps pour s'attacher sur leurs sièges personnels, ce qui faisait mourir de trouille les autres passagers :
« Au moins Abby dort c'est le principal » pensa Suzanna.
- Maman, que se passe-t-il ? demanda la petite en se frottant les yeux.
- Rien, ma puce, il y juste beaucoup d'orage dehors, rassura Yann.
Cela ne l'empêcha pas de se blottir dans les bras de son père.

En cabine de pilotage, les trois pilotes maintenaient l'avion comme ils pouvaient. Le commandant de bord restait tout de même très optimiste malgré que la vue soit bouchée. Le radar était hors service, ce qui signifiait que l'engin pouvait tomber nez à nez avec un autre avion, et là, ce serait la catastrophe :
- Restez stable, il ne faut pas dévier de notre trajectoire, ordonna le commandant de bord.
Un éclair percuta l'aile gauche de l'avion. Suzanna sursauta lorsqu'elle vit l'accident. Elle avait désormais peur :
- Suz, qu'est-ce qu'il y a ? demanda son mari.
- L'aile est touchée.
Yann tenait sa fille par une main, et sa femme de l'autre.

- On perd de l'altitude ! alerta un des pilotes.
- Essayez de remonter !
Malgré qu'il tire sur le manche, l'avion ne faisait que chuter...il fallait faire redémarrer l'appareil :
- Mais on risque de ne pas redémarrer justement !
- Je sais, mais on n'a pas le choix. Envoyer un message de détresse ! dit le commandant de bord.

Les gens commençaient à crier car l'avion tremblait de partout. Les masques à oxygène étaient sortis de leur emplacement initial. Les hôtesses fermaient les yeux. Rien n'était plus stressant que cette situation. Suzanna savait ce que serait la fin de ce vol perturbé : la mort, pour tous. C'était annoncé depuis longtemps.
Abby pleurait, maintenant. Elle avait très peur. Et dire que c'était son premier voyage en avion.... :
- Calme toi, chérie, dit Yann, tout va bien se passer.
Suzanna remarqua que les éclairs se faisaient de moins en moins nombreux, toutefois, les nuages noirs se faisaient toujours aussi présents.

- Redémarre ! cria le pilote.
Dans la cabine, c'était l'embarras. Chacun avait son idée, mais c'était le commandant de bord qu'on écoutait en priorité. L'avion avait beaucoup de mal à redémarrer :
- Aller !!!
Comme par miracle, le moteur redémarra, les tachymètres indiquèrent que le nombre de tours de chaque moteur était élevé, les instruments de vol montrèrent que la vitesse s'accroissait, et on pouvait noter que l'altitude augmentait à chaque seconde grâce à l'altimètre. Ils avaient réussi. Le commandant de bord s'empressa d'annoncer la nouvelle dans le haut parleur, et tous les passagers soufflèrent de soulagement. Suzanna ne pouvait pas s'empêcher d'éclater de rire. Si c'était bien son ennemi qui avait voulu orchestrer un crash, il avait une nouvelle fois échoué...

Miami leur ouvrait enfin les portes. La chaleur était étouffante en cet été, le ciel ne montrait aucun nuage. Un petit paradis en somme.
Abby était émerveillée. Assise à l'arrière de la voiture, elle regardait la route bordée de palmiers, les passants en paréo, les joggeurs bronzés, les hôtels de luxe, les plages de sables blancs au loin...pour elle, les vacances commençaient bien, seulement, elle ne savait pas du tout de quelle façon elles allaient finir.
Yann emprunta la route de Barbara Capitman Way et on pouvait déjà apercevoir de beaux bâtiments aux couleurs vives : violet, rose bonbon, ou beige.
Abby espérait voir une de ses stars préférées dans ce décor de rêve :
- Maman, tu crois que j'ai une chance de voir Tom Cruise ? demanda-t-elle.
- Je ne pense pas, ma puce, mais tu peux toujours espérer, on ne sait jamais, répondit Suzanna.
- Eh, je crois que je l'ai vu, regarde à ta droite ! s'écria Yann.
La petite se hâta de tourner la tête et elle ne vit qu'un jeune homme assis sur les marches d'un hôtel luxueux :
- Ce n'est pas lui, tu l'as vu où ? dit-elle.
- Nulle part !
Abby était vexée, cependant, ça ne l'empêchait de regarder tout ce qu'elle pouvait :
- Qu'a-t-il fait pour être si convoité ? demanda Yann.
- Oh, il a le malheur d'être beau garçon, répondit Suzanna avec un sourire.
- Ah, oui, tout le monde le dit, moi je lui trouve rien de particulier pourtant.
- Tu dois alors avoir besoin de lunettes.
Il engagea le véhicule dans la prochaine rue et se gara sur le parking d'un hôtel aux couleurs claires. C'était bien ici qu'ils avaient réservé une villa au bord de la mer. Ils montèrent les quelques marches et arrivèrent à l'accueil, où les dalles n'étaient fait qu'à partir d'un mélange de ciment et de petites pierres colorées, en l'occurrence rougeâtres, ce qui se mariait bien avec les murs aux couleurs chaudes. A la réservation, Yann demanda les clés de la villa :
- Vous avez la villa la plus tranquille, enfin il me semble, indiqua la réceptionniste.
- Parfait, dit Suzanna, c'est ce qu'il nous faut.









# Posté le samedi 07 juillet 2007 07:16

la suite de la story, j'ai franchi la barre des 80 pages :)

Chapitre XIX




Deux mois, c'était court, mais il lui fallait tout d'abord finir sa journée à l'hôpital avant de prévenir ses supérieurs de ses motivations.
Elle s'empara du dossier d'un patient à l'accueil et regarda rapidement la raison de sa venue ici. Cependant, il n'y avait rien de noté.
Elle se dirigea en salle d'attente et appela le patient en question. Il se leva à l'entente de son nom. C'était un homme d'à peu près quarante cinq ans, très mate, paraissant plutôt fatigué. Sa veste était accrochée autour de sa taille. Suzanna l'emmena dans un cabinet après l'avoir salué, et dès lors, elle demanda :
- Bon, qu'est-ce qui vous amène ici ?
- Je suis très fatigué en ce moment, et j'ai des douleurs articulaires. Mon médecin m'a conseillé de passer à l'hôpital pour un diagnostic plus étoffé, répondit l'homme.
- D'accord, il a raison, on ne sait jamais, mais peut-être que vous n'avez rien de grave. Sinon, c'est tout ce que vous pouvez me dire sur vos symptômes ?
- A vrai dire, j'ai remarqué que ma peau s'était assombrie plutôt rapidement ces derniers temps. Mais vu que je passe beaucoup de temps dans mon jardin...vous croyez que c'est un des facteurs de...
Suzanna se leva. Elle devait tout d'abord l'ausculter. C'est tout en prenant son pouls et sa tension qu'elle répondit à sa question :
- Il se pourrait que vous ayez une hémochromatose, une maladie génétique caractérisée par une surcharge en fer. Vous en avez tous les symptômes.
Le rythme cardiaque était normal ainsi que le pouls, qui était de douze. Il se rhabilla et elle poursuivît :
- Pour cela, je vais devoir faire une prise de sang afin de vérifier mes dires. Vous permettez ?
Il releva sa manche. La jeune femme sortît une seringue dans un de ses tiroirs, la régla, puis piqua dans le bras, au niveau de la pliure du coude. Le patient tourna sa tête, dégoûtée à la vue de son propre sang qui s'écoulait dans la seringue :
- Vous pouvez vous dire qu'au moins, vous avez du sang, fit Suzanna pour le rassurer.
- Encore heureux !
- Voilà, c'est fini.
Elle retira l'aiguille du bras du patient, puis plaça un peu de coton sur le trou, qu'elle attacha grâce à du sparadrap :
- On va étudier votre sang. Si vous avez bien une hémochromatose, votre sang sera rempli de fer.
Elle emmena la fiole de sang dans la pièce d'à côté, puis revint, et nota tout sur un calepin, c'est-à-dire asthénie (fatigue), douleurs articulaires, hyperpigmentation de la peau. Ensuite, elle continua d'expliquer tout à l'homme, qui devenait de plus en plus inquiet :
- Les résultats arriveront demain. Un spécialiste à votre pathologie s'occupera de vous. Tout ce que je sais, c'est que vous risquerez d'avoir une hépatomégalie, c'est-à-dire un foie de volume supérieur à la normale. J'espère que vous n'aurez pas de complications.
- Est-ce que c'est grave ? demanda-t-il avec angoisse.
- Normalement non, le traitement est simple et en général efficace. Si cependant le diagnostic est tardif, vous pourriez avoir une cirrhose ou un cancer du foie.
L'homme tremblait et sa respiration était plutôt forte. L'angoisse l'envahissait seconde après seconde. D'ailleurs, on pouvait dire que Suzanna n'y allait pas de main morte :
- Mais ne vous inquiétez pas, tout ira bien.
Elle se leva de sa chaise, et lui en fit autant. Puis elle le raccompagna jusqu'à l'accueil et, avant de lui serrer la main, ajouta :
- Le docteur vous dira demain si c'est génétique. Si ça devait l'être, il faudra faire une étude familiale, afin de dépister d'autres sujets atteints et les traiter. Ok ?
- Très bien, docteur, merci.
- Il n'y a pas de quoi.

Ses supérieurs furent prévenus dans la soirée. Suzanna devait profiter à fond des quelques jours qui lui restaient, avec sa famille.
Chacun avait le même rêve, la Californie, avec le soleil, les plages...c'était leur première destination privilégiée, un lieu bien différent de New York. Les économies faites leur permettront de rester plusieurs semaines sur place, histoire de vivre avec tranquillité, jusqu'au jour fatidique...

Dans l'avion, la petite famille était placée côté gauche de l'avion, près des fenêtres, Abby entre Suzanna et Yann.
Le décollage s'était déroulé sans embûches, mais un orage avait éclaté à deux kilomètres d'altitude.
L'hôtesse de l'air passa dans les rangées, proposant boissons et encas aux passagers. Elle ne paraissait cependant pas rassurée pour autant.
Une heure plus tard, Abby s'était endormie. Suzanna regardait les nuages noirs et les éclairs par la fenêtre...un horrible souvenir ; ça ressemblait à la scène du trou noir dans son rêve...décidemment, ça la suivrait partout.
Yann prit de l'eau à l'hôtesse, but une gorgée, et donna la bouteille à Suzanna, qui, malgré qu'elle soit une grande buveuse d'eau, ne prit rien :
- Ca ne va pas ? lui demanda-t-il
- Je ne suis pas sûr...j'ai l'impression que le vol ne se passera pas comme prévu, répondit-elle.
- Ne me dis pas qu'il va faire crasher l'avion ?
- Non, je ne pense pas, il en veut à moi, pas à tous ces gens.
- D'accord, mais serait-il capable de tuer tout le monde pour t'avoir toi ?
Alors là, elle ne savait pas du tout la réponse. Elle savait que l'illusionniste était rancunier et sans pitié, mais de là à tuer des innocents...pourrait-il le faire ? :
- Je ne sais pas, je...ne te fais pas trop de soucis...tout va bien se passer, répondit-elle enfin.
Yann restait tout de même sceptique. Il avait déjà pris l'avion en temps d'orage et jamais il ne s'était passé quelque chose. Quoiqu'en ce moment, il pouvait tout arriver.
Une voix dans le haut-parleur attira l'attention de tous les passagers
« Mesdames et messieurs, ici le commandant de bord. Nous nous trouvons dans une zone de perturbation et nous vous prions de rester assis et de mettre vos ceintures pour votre propre sécurité. Je vous remercie »
Les hôtesses passèrent dans les rangs afin veiller à ce que tous obéissent au commandant de bord.
# Posté le samedi 30 juin 2007 07:21

La suite encore une fois

Chapitre XVIII



Suzanna arriva dans la salle spécialisée avec Anita. Elle vit la machine cylindrique évidée en son centre, puis plus loin, une salle technique encombrée de pupitres et de moniteurs, où on dirigeait l'opération. Suzanna enfila une blouse en tissu léger, puis on lui injecta un produit radioactif. Elle s'allongea ensuite sur une plate-forme étroite et recouverte d'un drap blanc, puis la plate-forme s'avança vers l'intérieur de l'appareil, sous l'ordre d'Anita. La jeune patiente ne vit que de la lumière, et entendît un bruit assourdissant. La voix de la spécialiste fut audible grâce à l'empli dans le tube :
« Tout va bien, Suzanna ? »
« Ca peut aller » répondit cette dernière.
Au bout d'à peu près trois quarts d'heures, la plaque se retira, et la médecin urgentiste se releva, le c½ur battant.
Anita arriva ensuite.. Elle la regarda d'un air grave, et après avoir mordillé ses lèvres, annonça :
- Je suis désolé, Suzanna, il y a bien une tumeur. Regarde les clichés.
Elle l'amena ensuite vers les écrans, et elle put voir l'anomalie. Les différentes parties du cerveau étaient teintes en rouge, jaune, ou verte suivant le taux de radioactivité. La tumeur avait un bon diamètre, semblait-il, et était placée tout près des tissus cérébraux fondamentaux...comment Penny avait-elle fait pour ne pas s'en rendre compte ?
- Je pense à une tumeur bénine, reprit-elle. Mais ce qui m'étonne, c'est qu'elle en est rendue à ce stade. Elle s'est proliférée, on dirait. Ca fait combien de temps que tu te plaints de violents maux de tête, et de malaises ?
- Quelques jours...mais je me rappelle que ça me le faisait il y a encore deux semaines, mais à intensité réduite, répondit Suzanna.
- Diagnostiquée trop tard, ça peut être grave...j'espère que ça n'altérera pas le fonctionnement du cerveau. Je conseille une ablation, en même temps, on aurait une idée de sa grosseur et de sa situation.
Elle se sentait plutôt mal... :
- Je savais que tu me dirais ça, c'était sûr. Ok, laisse moi le temps d'abord d'en parler à ma famille. Heureusement que je ne fais pas le service de nuit aujourd'hui. Je te revois demain matin.

Le lendemain matin

Suzanna était allongée sur la table d'opération, branchée et inconsciente. L'anesthésiste et la spécialiste en charge de l'imagerie étaient présents les premiers. Puis entrèrent Bob et Darren Keys, le fils de John, après avoir mis leur blouse et leur masque. L'opération commença.
Ils ouvrirent le crâne et commencèrent à reperer les différents tissus, puis, grâce aux clichés IRM, ils repérèrent l'emplacement de la tumeur, qui se plaçait tout près de l'hémisphère droite du cerveau. L'anesthésiste regardait avec attention le tracet de l'électroencephallographe.
Bob débuta par séparer avec délicatesse les tissus qui se situaient près de la grosseur, puis Darren demanda le scalpel. Il fit une légère incision, puis une dissection sur l'artère cérébrale antérieure...le rythme cardiaque de la patiente accéléra et l'anesthésiste vit l'inflexion du tracet sur le moniteur :
- Saturation sanguine ? demanda Bob.
- J'espère que non, répondit Darren.
- Je peux faire une écho, éventuellement, proposa Anita, la spécialiste de l'imagerie.
- Je crois que ça va aller.
Ils continuèrent l'ablation, leur c½ur battant. S'ils faisaient la moindre erreur, Suzanna risquait d'y laisser la vie. L'anesthésiste monta le débit d'oxygène par précaution.
Bob prit une pince pour prendre la tumeur qui était presque détachée. Mais Darren aperçu un saignement. Il parvint à l'arrêter rapidement :
- Elle est en arythmie ! alerta l'anesthésiste
L'électrocardiogramme clignotait :
- Bon, pas de panique ! dit Bob anxieux.
La tumeur fut enfin enlevée et il la mit dans un haricot. Darren s'occupa de refermer le crâne. La spécialiste de l'imagerie se prépara à faire un dernier cliché IRM. L'anesthésiste injecta un peu d'adrénaline dans le bras de Suzanna.
L'opération terminée, une infirmière emmena la patiente dans sa chambre. Bob et Darren se lavèrent ensuite les mains, contents de leur travail :
- On a bien fait de faire appel à vous, vous avez été d'une aide précieuse, dit l'ami de Suzanna.
- Merci, j'ai crut un moment qu'elle allait faire une rupture d'anévrisme. J'ai opéré une petite fille qui était atteinte d'une tumeur il y a quelques années. Elle a eu une déchirure et un saignement. La pression du sang a provoqué un allongement de la déchirure, et on l'a perdu...si ça avait dut recommencer aujourd'hui...
- Heureusement, elle s'en est sortie, pas vrai ? Le dernier cliché IRM nous le confirmera.

Suzanna se réveilla quelques heures plus tard patraque. Elle avait mal aux yeux.
Elle se posait des tas de questions...l'opération avait-elle réussi ?
La porte s'ouvrit et elle leva la tête : c'était son mari qui passait la voir, sans Abby. Il avait préféré ne pas l'emmener pour ne pas qu'elle la voye dans cet état. Il lui expliqua qu'il avait croisé le neurochirurgien, le docteur Keys, mais il avait refusé de lui en dire plus pour le moment. Ca devait présager quelque chose de mauvais :
- En tout cas, je me sens mieux, rassura Suzanna.
Bob entra à son tour, la fiche médicale en main. Il sourrit avant de parler :
- L'opération est un succès, nous avons bien enlevé la tumeur.
- On a refait un cliché IRM ? demanda la jeune femme.
- Oui, tiens, regarde.
Il lui donna l'image du cerveau et en effet, en la comparant à la dernière prise la veille, il n'y avait plus aucune trace de la grosseur :
- Encore merci, Bob.
- Il n'y a pas de quoi. Remercie aussi Darren, il a fait du bon boulot. Je te laisse.
Il sortit enfin de la pièce après avoir salué Yann :
- Heureusement que se sont des médecins d'exception, dit ce dernier.

Suzanna rentra bien plus tard à la maison, en matiné et se posta sur son ordinateur après avoir pris une des gellules de son traitement. Le fameux compte à rebourg s'afficha pour indiquer quatre-vingt seize...le temps passait drôlement vite, surtout lorsqu'on passe la plupart de son temps dans un lit d'hôpital.
« Voilà, maintenant, que peut-il bien m'arriver ? » se demanda-t-elle.
A chaque fois, elle échappait à des pièges mortels. Elle espéra que ça s'arrête, et vite.
Le car de l'école arriva pour déposer Abby...la petite se rua vers sa mère, comme appeurée :
- Maman, j'ai revu l'homme ! hurla-t-elle.
Elle parlait de l'illusionniste :
- Que t'as-t-il fait ? demanda sa mère.
- Rien, mais il m'a dit que ta fin était proche, et qu'il me ferait sûrement du mal si tu continuais à jouer avec lui. Quelque chose comme ça...
C'était une belle ordure. Maintenant, il faisait des menaces sur sa fille. Son plus gros point faible. Il savait comment l'avoir :
- Où étais-ce ? dit Suzanna.
- Avant que je monte dans le bus, sur le trottoir, répondit Abby.
Suzanna était folle de rage. Il ne pouvait pas faire pression sur sa fille. Pas de cette façon.
« Si je le trouve, j'en fini avec cette ordure » murmura-t-elle.

Le travail reprenait de plus bel après trois jours et Suzanna était plus que contente d'avoir été sauvée. Elle devait aller voir un patient au troisième étage.
Alors qu'elle prit l'ascensseur, elle fut prise d'un malaise puis d'un violent mal de tête, qui disparurent aussi rapidement...ça n'était pas bon signe...c'était peut-être les répercutions de son opération.

Elle fit une courte pause de quelques minutes afin de faire abstraction de la douleur qui s'était réintroduite dans sa tête. Elle avala une gélule que Bob lui avait prescrite après l'opération.
Jack entra à son tour dans la salle de repos et commença par faire les cafés. La jeune femme ne le voyait plus de la même façon depuis son rêve. Cet homme l'aimait secrètement. Elle l'avait imaginé plus arrogant qu'à l'ordinaire, plus vrai, plus direct. Car ce médecin ne se dévoilait pas et évitait toute conversation susceptible de parler de sentiments.
Après avoir fait les cafés, dont un pour Suzanna, il s'assit près d'elle et dit :
- J'ai appris par John que tu t'étais fait opérer pour extraire une vilaine tumeur au cerveau.
- Oui, en effet. Sauf qu'il y a un problème, dit Suzanna d'une voix hésitante.
Jack posa sa tasse avec bruit et après s'être installé comme il faut, il fixa sa collègue, et s'écria, presque halluciné :
- Quel problème ? Comment y aurait-il un problème ? De quoi parles-tu ?
- Il faut que j'en parle à Bob. J'ai de nouveau les symptômes ; des maux de tête, quelques malaises et troubles de la vision. Je crois qu'ils n'ont pas tout à fait extrait la tumeur, expliqua-t-elle, sans pour autant faire ressortir son angoisse.
- Manquait plus que ça...tu n'en as pas un peu marre de te faire examiner non-stop depuis sept mois ?
- Et comment ! Ca me rend folle ! Ma famille ne sait même plus à quoi s'attendre.
Il jeta avec précision son mouchoir en papier dans la corbeille :
- Vas voir Bob, n'attends pas. C'est le conseil du médecin.

*

Bob ne s'était pas attendu à la voir de nouveau pour une IRM. Le neurologue était maintenant sceptique quant au travail qu'il avait effectué avec les autres neurochirurgiens : auraient-ils omis quelque chose ? Son c½ur battît à tout rompre dans sa poitrine. S'il avait fait une erreur, il s'en mordrait les doigts toute sa vie.
Un peu plus tard, Suzanna s'allongea sur la plaque, qui rentra aussitôt dans le long tube. L'intérieur s'éclaira ensuite et la jeune femme resta immobile pendant quelques minutes. Plus le temps passait, et plus l'angoisse l'envahissait.
C'est bien quelques minutes plus tard que la plaque se rétracta. Suzanna se releva enfin. Elle devinait le résultat. Et la peur de son collègue, quand il lui annoncerait qu'en effet, elle avait de nouveau une tumeur.
Elle ne s'était pas trompée. Bob la regardait d'un air grave, significatif. Il expliqua enfin :
- Je ne te cache rien, Suz. La tumeur est toujours là. Une petite partie s'est proliférée. Et ça n'a rien de bénin. Cependant, il y a un problème. Etant donné l'emplacement tout près d'une artère sensible, et son volume, elle est inopérable. Le seul moyen serait la chimiothérapie cancéreuse ou la radiothérapie. Mais ce n'est pas sûr à cent pour cent. Il peut y avoir de graves séquelles. C'est le risque à prendre. Toi seule peux décider entre l'opération, ou le traitement.
Suzanna savait à quoi s'en tenir. L'opération la tuerait si l'artère était atteinte. Il fallait s'attendre à causer des déchirures, ou des saignements.
La chimiothérapie ou la radiothérapie ne lui serviraient à rien. De toute façon, son destin était tracé. La mort l'attendait. Ce n'était pas qu'elle abandonnait. Non. Elle était lucide. En restant en vie, elle mettait en danger sa famille. Sa fille se faisait harceler par l'illusionniste, et elle portait la poisse à son mari dès qu'ils sortaient ensemble. A chaque fois il se passait quelque chose. L'illusionniste ne supportait pas qu'elle ait échappé à son piège. En se résignant, il aurait parvenu à ses fins. Toutefois, elle sauverait sa famille, toutes les personnes qu'elle aimait le plus au monde. Et elle mourai le c½ur léger, après avoir changé et être devenue celle qu'elle avait toujours rêvé d'être :
- Alors ? On fait comment ? demanda Bob en attente d'une réponse.
- On en fait rien, répondit-elle enfin.
- Quoi ? Suz, tu n'es pas sérieuse !
- Je suis on ne peut plus sérieuse, Bob, laisse-moi partir, il le faut.
- Tu n'as aucune raison de faire ça, qu'est-ce qui te prend ?
- Justement, j'ai mes raisons. S'il te plait, Bob, n'insiste plus maintenant.
Elle aperçut que ses yeux étaient devenus humides à ces simples mots. Il se retourna pour cacher ses pleurs, mais sa forte respiration trahissait ses sanglots.
Le biper de Suzanna sonna et brisa ce moment d'émotion. Il fallait qu'elle y aille :
- Merci pour tout ce que tu fais pour moi, dit-elle.
- Je te prescrirai quelque chose pour que tu ne termines pas ta vie en souffrances. Mais je n'ai aucun traitement pour la souffrance morale...

*

Elle monta au quatrième étage mais c'était trop tard. Une jeune femme venait de se jeter par la fenêtre après avoir appris qu'elle était enceinte de son frère :
- Dépêche-toi ! lui hurla Dana River.
Cette dernière se ruait vers l'ascenseur avec trois autres médecins. Suzanna n'avait pas le c½ur au travail. Elle n'avait aucun élan, aucune pulsion, aucune voix lui criant de sauver cette personne, qui pouvait très bien être morte. Dana avait tellement de médecins auprès d'elle qu'un autre serait inutile.
Les portes de l'ascenseur se fermèrent lentement jusqu'à ce que le regard perçant de Dana ne soit plus visible...

*

« Pourquoi la vie peut-elle basculer du jour au lendemain ?
Comment un être peut-il décide de qui doit vivre ou mourir et dompter l'humain à sa façon ?
Pourquoi le destin ? »
Ces questions défilaient sans arrêt dans la tête de Suzanna depuis qu'elle s'était résignée. On ne pouvait maîtriser cette force, maîtriser l'inéluctable, maîtriser sa vie. Tout est tracé d'avance. Rien ne peut être modifié. Rien...même si ça doit prendre plus de temps que prévu.

*

La nouvelle avait été rapide dans tout l'hôpital. Et Yann l'avait mal pris. Il était prêt à braver toutes les épreuves possibles. Et Abby avait pleuré toute la journée. Suzanna rajouta qu'il ne pourrait pas affronter d'autres épreuves le jour où il serait mort. Leur fille était d'autant plus en danger tant qu'elle était vivante, et ils ne pouvaient la mettre en surveillance permanente. Yann accepta après un moment le sort de sa femme, qu'il trouva alors très courageuse.

*

On lui proposa d'aller dans un centre où des malades incurables se retrouvaient pour parler de leur combat. Anna lui avait parlé de l'endroit. Son mari avait été plusieurs fois dans un de ces centres où écoutes et conseils étaient à l'honneur. Suzanna ne dénia pas la proposition.

*
Elle s'arrêta devant la porte vitrée de l'entrée, hésitant à abaisser la poignée et pénétrer dans ce lieu qui l'effrayait. Elle détestait supporter le poids de tous ces regards rivés sur elle. Pourtant, elle devrait en être habituée, mais la foule, surtout dans ces cas là, la clouait sur place. Toutefois, se confier lui semblait être le remède parfait pour se libérer de sa peur, et peut-être, être soutenue pas d'autres personnes que son mari. Après avoir inspiré un bon coup, elle rentra dans le foyer et passa à l'accueil, le c½ur battant. Le jeune secrétaire lui demanda d'aller à gauche pour déboucher à la salle commune. Elle s'y dirigea de ce pas.
C'est une fois arrivée dans la grande salle que l'ambiance l'effraya. Des gens étaient les uns à côté des autres, ou l'un derrière l'autre, sur des chaises pliantes. Il y avait des places vides. Face à eux, une dame préparait ses papiers derrière son bureau, sûrement pour écrire les cas de chaque personne. Suzanna prit son courage à deux mains et s'assît parmi les gens, qui ne la regardaient même pas, trop occupés à parler avec leurs voisins.
La voix de la femme au bureau fit taire tous les bavards
« Je suis contente de vous retrouver aujourd'hui »
Elle posa ensuite son regard sur Suzanna, puis sur un quinquagénaire à sa droite
« Même pour ceux et celles que je ne connais pas. »
Elle installa les feuilles blanches devant elle, prit un stylo bille, et poursuivît en désignant Suzanna et l'autre homme
« Pourriez-vous commencer par nous donner votre prénom, votre âge et expliquer votre problème ? »
Problème ? C'était plus qu'un problème, c'était une maladie, un cancer même, incurable, qui se terminerait par la mort. Et c'était ça qu'elle appelait un problème ! Elle ne devait sûrement pas se rendre compte de la gravité de la chose
« Parce que tu n'es pas à ma place ! » pensa Suzanna.
Le quinquagénaire se leva pour se présenter en premier :
- Je m'appelle Andrew, j'ai cinquante-six ans, et je suis atteint d'un grave diabète.
- Ok, Andrew. Pourriez-vous en dire davantage ?
- Oui...eh bien, j'ai des crises régulières. Mon médecin m'a dit que ça devenait plus grave que prévu et qu'il fallait que je me fasse des injections plus rapprochées pour éviter que je meure par surprise. Le problème est que ça peut arriver n'importe quoi.
La femme resta perplexe tandis que tous les gens regardaient l'homme de toutes les manières possibles. Elle regarda ensuite Suzanna, qui baissa la tête aussitôt. Elle aurait mieux fait de ne pas venir, ça allait la complexer plus qu'autre chose :
- Et vous madem...madame ? demanda-t-elle, en rectifiant ses mots après avoir vu l'alliance que Suzanna portait à son annulaire gauche.
- Euh...je suis Suzanna, j'ai trente ans, et j'ai une tumeur incurable au cerveau.
Ce qu'il ne fallait pas prononcer...ce n'était pas le mot « tumeur » qui avait mis les gens en émois, mais « incurable ». On la regarda alors d'un air désolé et compatissant. Suzanna se sentit gênée. Elle avait redouté ce moment, et il était enfin arrivé.
La dame nota le tout sur la feuille et reprit :
- Je suis vraiment désolée, Suzanna. Nous avons beaucoup de cas comme le votre ici, j'ai bien l'impression qu'il se fait de moins en moins rare ces temps-ci. Est-ce que ça vous gênerez de nous parler de votre combat ? Je suppose que vous avez tout essayé pour en arriver à terme, non ?
« Vous supposez mal » songea Suzanna. Mais elle ne pouvait raconter son histoire extraordinaire. On la prendrait pour une folle ou pour une personne traumatisée par ce qu'elle venait vivre :
- Eh bien...je...c'est après un accident de voiture m'entraînant dans le coma que ça s'est dévoilé. Bénigne au début, maligne ensuite, l'opération n'a débouché nul part. Et je suis coincée...
- Oh...je...je compatis, vraiment. Nous serons tous avec vous pour vous soutenir.
« Mon dieu... » Elle ne supportait pas cette hypocrisie. Et si ça n'en était pas, elle faisait mal ressortir sa compassion. En tous cas, pour Suzanna, c'était sûr : elle ne reviendrait pas.

*
La jeune femme quitta le foyer dès que la dame eut fini son discours de fin sans intérêt. Tout cela l'exaspérait. Et dire que le mari d'Anna avait été aidé grâce à ça !
Après avoir fermé la porte du foyer, elle se dirigea de suite au bord du trottoir pour prendre le premier taxi. Mais une femme l'interpella. Elle la reconnut tout de suite. C'était la jeune fille plus à sa droite qui l'avait immédiatement regardé dès qu'elle avait parlé de son cancer. Se sentirait-elle concernée ?
- Plus que vous ne l'imaginez... il y a six mois, on m'a diagnostiqué une tumeur maligne au cerveau. J'ai été tout de suite apeurée. Je m'étais demandée ce qu'il adviendrait de moi, de ma vie, de ma famille. On m'a opéré, ça a échoué. Et j'ai pété un câble. Je croyais que ma vie était finie. J'ai fait deux tentatives de suicide. Mais un homme m'a dit qu'il ne fallait pas que j'abandonne, et qu'il fallait absolument que je vive les derniers instants de ma vie avec sérénité, près des miens. Je pensais qu'il ne savait pas ce que je ressentais, mais je m'étais trompée. Il est passé par le même chemin que moi, sauf que la chimiothérapie l'a soigné très rapidement. J'étais jalouse de lui. Très jalouse. La chimiothérapie ne m'étant d'aucune utilité. Maintenant, je sais que ce jour sera peut-être le dernier. Mais je ne me morfonds pas. Il faut que je profite de la vie. Que je vive, que je ne pense pas au jour fatidique où mon mari se réveillera près d'une femme endormie à jamais. Si je peux vous donner un conseil, faîtes ce que vous avez toujours rêvé de faire, car bientôt, vous ne pourrez plus réaliser vos souhaits. Ce sera fini. Et surtout, ne baissez jamais les bras. La vie est trop courte. Regardez-moi, je n'ai que vingt-cinq ans. J'ai compris à quoi m'en tenir, maintenant.
- Je suis vraiment désolée pour vous. Et vous dîtes vrai. Je ferais peut-être mieux d'écouter vos conseils.
- Profitez à fond, avant que ce ne soit la fin...votre taxi arrive.
Une voiture jaune se gara près d'elle. Après un au revoir, Suzanna monta dans le véhicule, et demanda au chauffeur de la conduire à la cinquième avenue.


Voilà, et la suite en cours d'écriture ! ! !
# Posté le mercredi 27 juin 2007 04:34

la suite d'illusion pour ceux et celles qui devraient avoir la suite lol

la suite d'illusion pour ceux et celles qui devraient avoir la suite lol
Chapitre XVII




Un plafond blanc, la douceur du drap. Voilà ce que Suzanna voyait et ressentait. Ces deux sens lui indiquaient qu'elle était une nouvelle fois allongée dans un lit d'hôpital entre quatre murs...
Elle ne souvenait guère de ce qui s'était passé. Il faisait nuit, elle était assise dans la voiture avec Yann :
- Yann ! s'écria-t-elle.
Elle retira le tuyau d'oxygène de son nez qui s'avérait inutile. Un sentiment de culpabilité l'envahit. Elle n'aurait jamais du accepter qu'il soit son chauffeur cette nuit là.
Penny appuya sur la poigné de la porte et entra, son stéthoscope autour du coup, ses petits yeux verts devenant rieurs :
- Je suis contente de te voir éveillée ! s'exclama-t-elle.
- Yann, où est-il ? demanda Suzanna.
- Ton mari...il...
- Où est-il ? répéta-t-elle affolée.
- En réanimation.
La jeune femme fit un bond dans son lit et sortit des draps. Penny essaya de la résonner en la retenant dans son élan :
- Les meilleurs médecins de l'hôpital s'occupent de lui, tu devrais rester coucher ! Figure-toi que tu as eu un traumatisme crânien, sans hémorragie crânienne ni lésion cérébrale, cependant tu dois te reposer, c'est l'ordre du médecin !
Suzanna se rendit alors compte que sa tête était entourée d'une bande, accrochée par une épingle à nourrice. Elle resta tout de même butée, malgré qu'elle soit en chemise de nuit et qu'elle ait le tournis :
- Suzanna ! cria Penny.
- Mon mari est sur le point de mourir, je ne le laisserai pas partir comme ça, tu m'entends ? Tu peux tenter de m'arrêter si tu veux, mais sache que je n'abandonne pas dans ce cas de figure !
Suzanna courut en salle de réanimation où Bryce et Dean (un des nombreux médecins) et un infirmier tentaient de rammener à la vie le corps inerte et tumifié de Yann, armés de perséverance et d'un défibrillateur :
- Ca fait combien de tremps ? demanda Suzanna en arrivant.
Ils la regardèrent tous d'un air étonné mais Dean lui répondit qu'ils s'acharnaient depuis un peu plus d'une minute. Elle arracha des mains de Bryce le défibrillateur et une fois avoir frotté les palets, elle les plaqua sur le torse de Yann, qui se courba avant de retomber lourdement sur la table :
- Mettez 5mg d'adrénaline dans la perfusion !
Dean s'exécuta sur le champ. Cependant, la ligne verte de l'électrocardiogramme redessinait un trait droit et le son continu qui s'en échappait, persevérait :
- N'abandonne pas, n'abandonne pas ! On monte à trois-cent cinquante !
Le corps se hissa au ciel, toutefois, il n'y eut aucun changement d'état. La vie de son mari s'en allait petit à petit. :
- 5mg d'adrénaline et une demi unité de Lidocaïne, tout de suite !
Bryce mit le tout dans une seringue et planta l'aiguille dans le c½ur. Ceci fait, Suzanna monta la charge à quatre-cent, et reposa les palets sur le torse de la victime...
- Je t'aime...murmura-t-elle dans une vague d'espoir.
Par miracle, le son continu s'interrompit brutalement, et une série de bips courts s'enchaînèrent. Le trait reforma une courbe. Yann était sauvé.
Bryce épongea son front avec sa manche, et félicita Suzanna d'un hochement de tête. Dean prit en charge l'époux de sa collègue, et Penny la raccompagna dans sa chambre pour de derniers examens.

Penny finit ses contrôles du crâne et de l'activité cérébrale. Selon elle, tout allait bien, et il n'y aurait aucune séquelle. Elle lui permit de quitter son statut de patient dans quelques heures, le temps qu'elle se repose encore un peu.
Le médecin s'empara de la feuille de sortie, écrivit quelques mots, puis la donna à Suzanna afin qu'elle signe :
- Tu auras passé tes dernières semaines en état de crise, s'exclama-t-elle. Il faut croire que tu es maudite.
- Oh, mais je le suis ! répondit Suzanna dans un rire jaune.
Elle s'aperçut que la date de sortie correspondait à deux jours après l'accident :
- Trois jours, tu te fiches de moi !
- Oh...j'ai du omettre de te l'annoncer...après l'accident, tu es restée de nouveau un jour et demi inconsciente. On a bien eu peur. Tu ressortiras ce soir, si tout va bien.

Le soir venu, elle reprit le travail comme prévu, après avoir revêtu sa blouse blanche et son badge. La jeune femme commença par rejoindre son mari dans une chambre du rez-de-chaussée. C'est en croisant Bryce dans les couloirs que ce dernier lui expliqua ce qu'il lui avait diagnostiqué : un fracture des deux côtes abdominales (celles près du c½ur) et une légère commotion cérébrale.
Suzanna entra dans la chambre. Yann semblait bien se porter malgré son pâle visage. Il avait les yeux rivés vers la télévision, regardant un reportage sur les gangs de Los Angeles :
- Ca va ? lui demanda-t-elle.
Son visage s'illumina dès qu'il la vit. Ces mots ne furent que des excuses :
- Ce n'est pas ta faute, c'est la mienne. J'aurais dut m'en douter, et je n'ai pas insisté, reprit-elle.
Elle vérifia les moniteurs, les pupilles, puis la tête, afin de controller la cicatrisation de la plaie :
- T'es un dur ! Tout à l'air d'aller bien.
- Le docteur Ferguson m'a dit tout ce que tu avais fait pour me sauver...je n'aurais jamais cru qu'un jour ce serait ma femme qui se chargerait de moi, dit-il.
- Et dire qu'au départ tu refusais d'épouser une future doctoresse !
- Les blouses blanches m'impressionent, souvenirs de jeunesse, ceux avec ma mère...
Suzanna lut la feuille de sortie et put voir qu'il quitterait le complexe en matinée. Ceci fait, elle avait du boulot. Elle embrassa son mari sur les lèvres avant de le quitter avec amertume.

Le lendemain, Jack la bippa pour qu'elle monte au deuxième afin de s'occuper d'une jeune fille.
Elle était asiatique et accompagnée de sa maman. Seulement agée de treize ans, elle se plaignait de troubles circulatoires, de douleurs au c½ur, et de vomissements. Suzanna, munit de son stéthoscope, écouta le pouls, qui était plutôt anormal, et prit la température de la petite. Elle avait aux alentours de trente huit :
- Elle est souvent essouflée, parla la mère avec un accent.
- Elle doit avoir une anomalie, depuis quand se plaint-elle ? demanda Suzanna.
- Quelques semaines...on a été voir un médecin qui n'a rien décellé d'anormal. Il lui a prescrit des antibiotiques. Mais ça persiste.
La doctoresse réfléchit quelques instants avant de déclarer :
- On va devoir lui faire un cathétérisme cardiaque, j'ai bien l'impression que le c½ur ne pompe pas dans le bon sens.
La jeune fille l'a regarda avec peur, comme si elle avait quelque chose de grave :
- Ne t'en fais pas, rassura Suzanna, ce sera juste pour mesurer l'efficacité de ton c½ur, évaluer le débit sanguin, et voir si les cavités ne sont pas dilatées tant qu'on y est. On va juste introduire un catheter, un tuyau souple dans une de tes artères. Ca ne sera pas long. Mais pour cela, je vais vous bipper un cardiologue.

Plus tard, elle prit en charge un homme qui s'était fracturé la jambe en tombant d'une échelle. Il y avait eu fracture ouverte du fémur reconnaissable grace à une plaie cutanée. L'intervention ne dura guère longtemps. On lui implanta une prothèse, remplaçant l'extrémité supérieure du fémur, suivie d'un plâtre.
Elle croisa Gary, le cardiologue qui avait fait le cathétérisme cardiaque à la jeune asiatique. En réalité, le c½ur de la petite était en arythmie et un traitement spécifique lui serait donné.
La jeune femme tomba ensuite sur Anna qui lui donna la fiche médicale d'un homme de cinquante cinq ans victime d'un lymphome, un cancer plus ou moins grave selon l'origine. Il y aurait eu une prolifération maligne d'une forme atypique de cellule lymphoïde, puis une adénopathie, une augmentation de la taille des ganglions. Le plus triste dans tout cela était que l'ablation avait échoué...le patient en aurait plus pour très longtemps à vivre, à cause de la malignité du cancer :
- Il faudrait que tu le lui annonces, j'ai une opération du c½ur au troisième, dit Anna.
- Très bien, je m'en charge.
Suzanna détestait cette situation. Annoncé à quelqu'un qu'il allait mourir...il fallait qu'elle soit prudente et qu'elle utilise les bons mots. Car suivant les indications sur la fiche médicale, l'homme serait « dérangé ».
Elle entra dans la chambre après avoir pris une grande bouffée d'oxygène. L'homme, assis dans son lit, mangeait le repas qu'on lui avait apporté. Il avala une bonne bouché de petits pois :
- Bonjour, salua Suzanna, je suis le docteur Alexander.
- Bonjour, c'est pas terrible votre bouffe, fit-il.
Elle ferma la porte et s'assit sur un tabouret, puis annonça la triste nouvelle :
- L'opération a échoué...le cancer s'est trop proliféré...votre fièvre persiste, vous perdez peu à peu du poids...
Il la regardait avec de gros yeux. Son c½ur battait très vite :
- Et ? demanda-t-il en serrant bien fortement la fourchette.
Les bips courts de l'électrocardiogramme s'accélérèrent :
- Je ne vais pas y aller par quatre chemins. La vérité est qu'il vous reste très peu de temps à vivre. Le cancer est trop grave, la prolifération trop maligne. Je dirais que vous avez cinq ou six mois devant vous, expliqua-t-elle amèrement.
Il lacha toute étreinte. Suzanna se déplaça vers l'armoire à pharmacie devant le lit et commença à triffouiller quelques boîtes de médicament :
- Je peux faire quelque chose pour votre fièvre, dit-elle.
- Et rien pour le reste ? s'écria le patient.
Elle lui fit face, une petite boîte en main :
- Je suis vraiment désolée...utiliser de la morphine serait peut-être un peu exagéré.
Elle essayait de changer de conversation malgré qu'elle sache que l'homme était bouleversé par la nouvelle. Ca ne changerait pas grand chose :
- Réessayez de m'opérer !
- Je ne peux pas, je ne suis pas qualifiée, mais le refaire pourrait d'autant plus agraver la situation, les chances de succès sont très minces, répondit-elle en fronçant les sourcils.
« Les patients donnent des ordres maintenant » pensa-t-elle.
La jeune médecin s'empara d'une boîte d'aspirine et commença à enlever deux comprimets du paquet. Ceci fait, elle put voir dans la glace de l'armoire que l'homme brandissait sa fourchette vers sa tête...elle s'écarta de justesse et le miroir vola en éclat. Suzanna appuya ensuite sur le bouton d'alarme près de l'entrée. L'homme lui lança son regard noir :
- Vous le paierez, je ne peux pas mourir ! rugit-il.
Il s'approcha d'elle et rapidement, elle ouvrit la porte afin qu'il se la prenne en pleine figure. Il échappa un cri avant de se faire maîtriser par la sécurité. Toutefois, il remuait dans tous les sens :
- Emmenez-le en isolement, mettez lui une camisole de force si vous en avez besoin, il ne faut surtout pas qu'il fasse du mal à quiconque. Le docteur Winters se chargera du reste, ordonna Suzanna.
Les cris du malade ne furent plus qu'un souvenir dès qu'il entra dans l'ascensseur. La jeune femme y avait encore échappé belle. La mort la frollait de plus en plus ces temps-ci.
Son mal de tête reprit soudainement alors qu'elle effaçait son nom du tableau de l'accueil, ainsi que le tournis un peu plus tard.

En fin d'après-midi, une heure ou deux après qu'elle ait repri le travail, sa migraine ressurgit de plus belle. Les médicaments qu'elle s'était prescrite ne lui servaient pas à grand chose. Quel mal la frappait donc ? Suzanna redoutait la tumeur.
« Pas maintenant » se dit-elle.
Les médecins avaient sûrement dut lui faire une radio ou quelques IRM lorsqu'elle avait eu son accident avec Yann. Il lui fallait donc voir Penny rapidement, pour être sûr.
Dans le couloir, les portes battantes s'ouvrirent subitement, laissant passer une civière dirigée par deux ambulanciers. Penny était à califourchon sur le patient, inconscient, et lui faisait un massage cardiaque. Suzanna prit part à l'intervention, et aida les autres à diriger la civière.
Ils ne perdirent pas de temps à trouver une salle. Penny descendit de suite pour se ruer vers le défibrillateur. Elle monta la charge directement à trois cent. Le corps se courba, toutefois le souffle se faisait toujours absent. Ils n'avaient pas le temps de mettre la victime sous branchements. La quinquagénaire n'abandonnait pas. Suzanna injecta de l'adrénaline dans le c½ur de l'homme, puis son action fut suivi d'une autre décharge électrique...il inspira puis expira à intervalles régulières. Ceci fait, ils le branchèrent et le mirent sous perfusion avant que les ambulanciers ne le montent au premier étage. Quant à Penny, elle sortit de la salle, en sueur, et se dirigea en salle de repos. Suzanna se pressa de la rejoindre et prépara les cafés :
- Peter amenait le type conscient, mais son c½ur a laché d'un seul coup. Il aurait fait une crise cardiaque...j'ai vraiment eu peur pour lui, expliqua Penny.
- Je connais des médecins qui auraient vite abandonné, tu as vraiment un moral d'acier, dit la jeune femme.
L'autre ferma les yeux et respira l'odeur de son café à la noisette avec trois sucres. Elle raconta l'histoire d'un médecin français qui était parti aider des gens en Afrique. Il avait assisté une femme congolaise à accoucher. Le bébé était mort né, cependant le médecin avait tenté le tout pour le tout afin de le réanimer. Avec deux bassines d'eau chaude et froide et ses propres mains, il avait lutté pour sauver le nourisson. Et c'est au bout d'une heure d'acharnement que l'enfant avait crié, oxygénant ses poumons. Le plus étonnant était qu'il n'avait aucune séquelle !
- C'est magnifique, dit Suzanna émue.
- Ouais, il en faudrait plus des médecins comme ça. Heureusement, Mount Sinaï en a pas mal !
Elles parlèrent de la dernière greffe de machoire faite sur une femme de cinquante deux ans avec succès.
Suzanna en vint enfin au fait :
- Dis, lorsque j'étais inconsciente, as-tu repéré une grosseur au cerveau ?
- J'ai fait quelques clichés, qui m'ont permis de diagnostiquer ton truamatisme crânien, mais à part ça, je n'ai rien remarqué...pourquoi ? répondit Penny hésitante.
- J'ai de gros maux de tête depuis quelques jours, ainsi que des malaises assez fréquents, les médicaments ne font rien...j'en peux plus...crois-tu qu'une tumeur se soit installée ?
Penny la regarda d'un air grave. Elle ne pensait pas à ça...en réalité, elle refusait simplement de le croire malgré qu'une tumeur ne soit pas à exclure. Elle conseilla de faire une IRM pour être plus sûr.
# Posté le mercredi 20 juin 2007 04:32